Un soir de pluie

 

*

 

Silence, il pleut dehors…

Les ombres du crépuscule tombent lentement

Voilant la douceur de la chambre d’un nostalgique frisson…

La nuit guette la ville, une étrange solitude pèse….

Mais il pleut dehors…

 *

Et ce soir j’écoute l’eau jouer amoureuse avec mes sens…

Ferme les yeux doux voyageur…

Écoute chanter la pluie sur les ruines de ton cœur,

Savoure l’harmonie de l’eau pénétrer dans ton corps…

Sens ta peau s’hérisser d’un long et langoureux frisson,

Et laisse affluer lentement les rêves d’antan…

 *

Cette pluie d’hiver n’est pas comme les autres,

Elle est tiède, subtile, douce, salée…

Elle joue, coquine, avec tes rêves les plus secrets…

Elle rétablit l’amitié qui n’est plus, les amours évanouis,

Les soupirs noyés dans les sombres sentiers de la vie.

 *

Tu sautes les obstacles, tu plonges dans les flaques…

Tu caresses les rivages, les plages, les montagnes,

La cime de ton âme… 

 *

Tu danses l’enfance, les souvenirs ineffables,

Tu aimes à nouveau les mystères de son corps,

Sa conscience…

Tu ris et tu pleures… tu embrasses ses lèvres…

Et là… à l’ultime instant…

Juste avant de sombrer dans l’inconscience,

La pluie lave ton âme, te berce, et te damne…

 *

Marie-Ange Bonnevie

Cazilhac. Le 30 /04 / 2005