Où la ville perd son nom

 

*

Là où la ville s’évade, où elle change son nom,

Là où ton image devient floue et sans précision,

Dans ce royaume des rêves tordus et impossibles,

Depuis que je t’ai imaginé, depuis que je t’ai aimé,

Je t’attends…

*

Là où la marée devient douce dentelle crème,

Où les sables s’enfoncent dans les entrailles de la terre

Là où nuit après nuit j’espère en vain le sommeil

Sans trêve ni repos, inlassablement

Je t’attends…

*

Cependant tu n’es que chimère, illusion sans espérance

Mot perdu dans la folie d’une nuit de tendresse,

Caresse éphémère brûlant sans lumière

Paroles vides, paroles sans promesses…

*

Et pourtant je t’attends… je t’attends…

Que suis-je d’autre que constance et attente ?

Qu’une rivière s’accrochant au fragile équilibre d’une branche ?

Q’une fleur sans couleur qui n’ose pas pleurer de peur ?

*

Tu disparais tu réapparais…

Tu vas et viens sans soucis dans le vaste univers,

Tu es nuage qui se glace au milieu d’une nuit d’hiver

Etoile filante qui embrase et s’évanouit dans les airs,

Mais je t'attends...

*

Là où la ville perd son nom…

Où les néons deviennent dérisoires lumières blafardes

Là où la misère du monde se fait absurde et cruelle,

Là où les larmes perdues se fanent sans caresses,

Je t’attends… 

*

Marie-Ange Bonnevie

Cazilhac le 29/ 09/ 2005