Obscures pensées

 

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Déjà le jour s’évapore derrière les collines

La lumière s’en va doucement reposer sa soif

Le crépuscule arrose la douleur de sa sève magnanime  

Et rebelles, les songes s’évadent des tiroirs interdits…

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Rêve de joie ou cauchemar sans fin, la nuit s’étire…

Eloignez-vous de ma vie, spectres maudits !

Je ne veux plus d’erreurs inutiles ni de routes stériles !

Je ne veux plus pleurer les maladresses d’hier !

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Et d’une main ferme l’aube pointe effaçant les craintes…

Apporte à ma mémoire l’oubli ou ma vie s’enfuit !

Apporte à la conscience la voix de l’innocence !

Comment poursuivre l’étrange défi sans vérité ni paix ?

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Je plongerai les souvenirs dans un lac sans fond

Froid et sombre comme un vieux poignard blessé

Afin que le troubles deviennent inoffensifs

Et que les sentiments demeurent à jamais au coeur…

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On ne peut saisir les obscures pensées qui taraudent l’esprit

Nul ne peut savoir pourquoi l’obsession détruit la vie

Ni matin ni soir, ni repos ni sommeil, ni espoir ni salut…

On plane entre ciel et enfer, entre mensonge et vérité…

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Caprice inassouvi, furtive illusion ou passion illimitée…

Franchir un sentier tracé par les feux inachevés

D’un amour équivoque qui ne veut pas sombrer

Ou d’un visage ancré au plus profond de l’âme blessé.

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Marie-Ange Bonnevie

Cazilhac le 21/ 09/ 2005