Libération

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Ah Vaincue…

Près des nuages que je ne vois même plus, je suis vaincue…

Vaincue et tremblante au fond d’un puits de silence,

Malade d’indifférence je sens peu à peu geler mon âme,

Pas des couleurs gaies dans l’insupportable souffrance,

Pas des bois dorés ni des soleils d’été sur les lèvres scellés.

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Triste poème d’un jour de peine, je suis vaincue…

Sombre sentier d’hiver sans doux baisers de soleil,

Il ne reste de la vie que cendres et oubli,

Et la solitude étale ses filets d’acier étouffant l’air,

Et les jardins deviennent stériles de fruits et d’amour vrai.

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Vaincue…

En cette nuit de violent orage, de sombre conflit intérieur,

Un étau de fer serre le cœur… fort, fort… il tue !

Ne pas résister à la douleur, se laisser aller à la torpeur…

Comme ça... sans larmes, sans cris, sans regrets ni peur,

Enfin, doucement l’avouer… je suis vaincue ! je meurs…

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Marie-Ange Bonnevie

Cazilhac le 22 / 09 / 2005