L'angoisse immobile

 

*

Glisser l’angoisse dans le tourbillon de l’ennui

Ah ! la bannir… l’oublier, alléger la nuit…

Elle résiste impondérable, sans faille,

Ni froid, ni chaleur, ni peine, ni douleur,

Rien ne la fait fuir du cœur…

 *

Je la rejoins dans les ombres du sommeil,

Elle fouille dans la peur, dans le ventre,

Nue, sans parure ni maquillage, sans masque,

Elle crie, elle danse, elle se moque, elle caresse…

Elle mouille le visage.

Au réveil, elle sonne l’heure de la détresse,

Je reste là… immobile, aux aguets…

Saisie par sa force de frappe toujours nouvelle,

Fidèle et aimante, elle poursuit sans trêve.

*

Ni repos ni bonheur ne la font disparaître,

Elle se cache un instant au fond de la mémoire

Je souris, pensant qu’elle quitte enfin ma vie…

Mais là… dans ce petit coin secret,

Sournoise, elle réapparaît…

*

Marie-Ange Bonnevie

Cazilhac le 08. 07. 2005