Etrangers dans le désert

 

*

 

Nous parlons deux langues distinctes…

Etrangers égarés dans le désert…

Tu parles de joie des sens, de désir…

Je parle d’amour, de tendresse, d’amitié.

 *

Tu verses une faible goutte d’eau

Dans un puit assoiffé sans début ni fond…

Goutte de pluie qu’une fois absorbée,

Assèche d’avantage que l’instant précédent…

 *

Et comment faire ?

Je n’ai pas appris à posséder sans aimer,

Je ne reconnais pas ta bouche sans l’émoi du coeur...

Je me perds dans le silence comme navire affolé

Qui fond dans l’épais brouillard du petit matin.

 *

Et je meurs de solitude,

Quand tu fouilles dans mon âme sans pitié,

Quand tu viens dans ma couche en voleur d’intimité,

Quand tu prends mon corps en maître et seigneur

Pour l’oublier ensuite sans arrière pensée.

*

Marie-Ange Bonnevie

Cazilhac le 10/ 08/ 2005