Et l'attente...

 

 *

Attendre un mot, un appel, un geste…

Attendre inerte dans un lit inquiet

Attendre un sentiment qui n’a pas existé

Confondre amour et désir dans l’inévitable oubli

Rêve de bonheur pour une âme damnée

 *

Le destin s’échappe des mains,

La langueur de la nuit devient enfer

La folie pointe à l’aube de la détresse…

Et on se meurt dans l’impossible attente

Avec le souffle court on accueille la souffrance

 *

Et a vitesse lente, comme en sursis

Les images du passé reprennent vie,

Il défile au ralenti devant les yeux éblouis…

Les mots sévères, les caresses d’une mère…

Les premiers soupirs, la tendresse de l’enfance

Puis tu t’imposes tel un fantôme,

Tu souris, tu aimes, tu embrases…

Tu prends, tu reprends, tu t’éloignes…

Tu pars, tu reviens, tu es tendre et cruel…

Les années se retirent et le vertige subsiste

Et la solitude s’installe dans le cœur qui se vide…

*

Et un matin les cheveux ont blanchi…

Le coin de l’œil rétrécit, le regard pâlit…

Le peur a noyé l’innocence d’hier

Tu ne crois plus à rien… à rien…

Les mensonges ont détruit l’espérance.

 *

Mais sans trop savoir pourquoi, tu attends…

Encore et encore, chaque matin renaît l’espoir…

Dans les fleurs aux couleurs nouvelles du parc…

Dans ce petit être qui vient  de naître…

Dans les baisers furtifs d’un amant d’un instant

 *

Tout finit par disparaître…

Les amours, les enfants, les sensations…

Reste la soif intacte de connaissance,

Et toi mon cœur… mon ami, mon ennemi…

Toi que j’aimerai jusqu’à la fin de ma vie.

Marie-Ange Bonnevie

Cazilhac Le 26. 11. 2005