Ce froid soudain

 

Ce froid soudain qui saisit le corps,

Qui fige l’innocence du sourire,

Qui pâlit les couleurs du ciel…

Ce froid qui paralyse la joie, l’esprit, les idées,

Qui se peint d’une image grise et fixe d’ennui…

*

Ce froid d’acier qui n’est pas un froid d’hiver…

Qui naît dans les brumes solitaires du cœur,

Qui viole le repos et le sommeil,

Et les doux vestiges du bonheur d’hier…

 *

Une nuit de veille, de solitude, de réflexion et d’attente,

Une nuit d’orage intérieur sans illusion ni espérance,

La pluie battant imperturbable dans les bleus de l’âme…

Et chavirer dans un profond océan des rêves interdits,

Pour attendre sans impatience que vienne enfin l’oubli.

*

Viens ce soir…

Viens dans ma nuit adoucir la peur des ombres,

Aime-moi sans compter jusqu’à l’aube

Ne sens tu pas battre en moi la folie de l’attente ?

Ne la sens-tu pas dans les tendres plis de mon ventre ?

Ecoute le silence dans ce lit brodé d’étoiles…

Et dors en paix avec la conscience de l’enfant

Qui espère la folie de la récompense…

*

Marie-Ange Bonnevie

Cazilhac le 05. 06. 2005